Le retour de Tadej sur la Vuelta

Sept ans après son unique participation à La Vuelta a España, Tadej Pogačar fait son retour parmi les coureurs les plus titrés de l'histoire du cyclisme, avec un nouveau Grand Tour en ligne de mire. 

La dernière fois que Tadej Pogačar a disputé La Vuelta a España, il était un néo-pro de 20 ans avec une seule victoire en WorldTour à son actif. Aujourd'hui, en 2026, il revient quintuple vainqueur du Tour de France, double champion du monde et lauréat de 13 Monuments, dont cinq victoires consécutives au Tour de Lombardie.


Le monde a changé. Tadej aussi.


De retour sur la Vuelta fort de sa cinquième victoire sur le Tour de France, Pogačar arrive en Espagne après avoir aidé son coéquipier d'UAE Team Emirates-XRG, Isaac Del Toro, à décrocher le maillot blanc et une troisième place à Paris. Un calendrier de courses plus allégé au premier semestre 2026 lui permet d'arriver plus frais que d'habitude à ce stade de la saison, ce qui a motivé sa décision de disputer un deuxième Grand Tour. 

Pogačar a déjà prouvé qu'il était capable de remporter plusieurs Grands Tours lors d'une même saison en réalisant le doublé Giro d'Italia-Tour de France en 2024. Mais ce nouveau défi pourrait s'avérer encore plus difficile.La Vuelta se déroule du 22 août au 13 septembre, se terminant à peine sept jours avant le contre-la-montre des Championnats du Monde Route UCI et 14 jours avant la course en ligne des Championnats du Monde. Cela signifie également que Pogačar fera l'impasse sur les classiques canadiennes pour la première fois depuis 2023.


Même si les classiques canadiennes n'ont jamais été l'objectif prioritaire de sa saison, elles revêtent une importance particulière en 2026. Le circuit de la course en ligne des Championnats du monde à Montréal reproduit fidèlement le tracé du Grand Prix Cycliste de Montréal, une épreuve où Pogačar s'est déjà imposé par le passé.Avant de se focaliser sur les Mondiaux, il retrouvera toutefois une course qu'il n'a plus disputée depuis sept ans.


La Vuelta n'attend plus. 

"Sept ans après ses débuts sur la Vuelta, Pogačar revient comme l'un des coureurs les plus titrés de l'histoire du cyclisme." 

Un grand départ à domicile à Monaco

La Vuelta s'ouvre par un contre-la-montre individuel de 9,4 kilomètres sur le mythique circuit de Formule 1 de Monaco. Pour Pogačar, c'est ce qui se rapproche le plus d'une course à domicile dans le cyclisme professionnel. En réalité, il pourrait presque se rendre à la rampe de lancement directement à vélo depuis chez lui. Un contre-la-montre court n'est pas forcément idéal pour Pogačar, mais ce parcours est extrêmement technique, rythmé par des virages serrés, des dénivelés et des relances appuyées. Cette première étape ne créera pas d'écarts majeurs au général, mais chacun cherchera à prendre un ascendant psychologique dès le départ.


La première semaine bascule rapidement vers des terrains qui conviennent mieux au vainqueur sortant du Tour de France. La 2e étape devrait favoriser les puncheurs, tandis que la 3e étape s'achève par une montée de 10 kilomètres qui pourrait commencer à dessiner la première hiérarchie entre les prétendants au classement général.


La 4e étape propose plus de 3 000 mètres de dénivelé concentrés sur seulement 105 kilomètres à travers l'Andorre, offrant le premier véritable tremplin pour une course offensive. Deux jours plus tard, l'attention se portera sur le Puerto El Bartolo, l'une des ascensions les plus intrigantes de la course. Cette montée de 9,4 kilomètres affiche une pente moyenne de 7 %, mais son élément déterminant réside dans un secteur en gravel particulièrement raide à mi-parcours. L'association du pourcentage, de la surface et des exigences de puissance soutenue crée le terrain idéal pour un coureur capable de produire des efforts explosifs sur la durée. 

Choisir le bon équipement pour chaque étape

Tout au long de la Vuelta, UAE Team Emirates-XRG s'appuiera sur la gamme de roues SES d'ENVE, sélectionnant les configurations offrant le compromis idéal entre efficacité aérodynamique, légèreté et stabilité sur tous les profils de terrain.

Selon les exigences de chaque étape, les coureurs peuvent choisir entre la légèreté de la SES 4.5 PRO et l'optimisation aérodynamique de la SES 6.7. Alors que la SES 4.5 PRO sera la roue la plus utilisée par l'équipe tout au long de l'épreuve, les SES Disc PRO et SES 100 PRO seront alignées sur les deux contre-la-montreÀ mesure que la course avance vers sa première journée de repos, la difficulté s'accentue nettement. La 9e étape propose plus de 5 000 mètres de dénivelé sur 189 kilomètres avant une arrivée au sommet de l'Alto de Aitana, la première grande arrivée en altitude de l'épreuve.


Si Pogačar n'a pas déjà creusé l'écart à ce stade, c'est ici que la bataille pour le red pourrait véritablement commencer. 

Comprendre la VAM

Il existe de nombreuses manières de mesurer les performances en montée, mais l'une des plus utiles est la VAM, abréviation de l'expression italienne velocità ascensionale media.


La VAM mesure la vitesse ascensionnelle, exprimée en mètres de dénivelé positif gravis par heure. Plus le chiffre est élevé, plus le coureur grimpe vite. Les cyclistes amateurs de haut niveau peuvent maintenir 600 à 1 000 Vm/h, tandis que les meilleurs grimpeurs du monde dépassent régulièrement les 1 800 Vm/h lors des efforts majeurs en montagne.


Alto de Aitana | Étape 9 

Temps estimé : 15-16 minutes

VAM estimée : 1 950-2 000 Vm/h


Les 6,6 derniers kilomètres de l'Alto de Aitana affichent une moyenne de près de 8 %, offrant le type d'effort soutenu où UAE Team Emirates-XRG peut progressivement accélérer le tempo avant de lancer Pogačar sur les pentes les plus raides.


Le scénario rappelle fortement l'étape du Tourmalet du Tour de France de cette année, où un tempo d'équipe implacable a usé le peloton avant que Pogačar ne porte l'attaque décisive. 

"La question n'est pas de savoir si Tadej peut remporter des étapes. Il s'agit de décider quelles étapes valent la peine d'être gagnées." 

Là où la course pourrait se jouer

L'une des caractéristiques marquantes de la Vuelta cette année est l'absence d'opportunités pour les purs sprinteurs. Hormis la 17e étape, presque chaque journée comprend du relief significatif, rendant l'épreuve idéale pour les coureurs polyvalents capables de s'imposer sur tous les terrains.


Ce profil correspond parfaitement à Pogačar.


Ascensions courtes, arrivées vallonnées, étapes de moyenne montagne et arrivées au sommet représentent autant d'opportunités pour lui de creuser des écarts ou de viser des victoires d'étape. Les 12e et 14e étapes proposent des montées exigeantes de 1re catégorie, tandis que de nombreuses étapes de transition intègrent des arrivées en côte susceptibles d'éliminer les sprinteurs classiques.


Le second et dernier contre-la-montre arrive lors de la 18e étape. Long de 32,1 kilomètres, le parcours avantage les spécialistes, mais sert également de répétition générale importante pour le contre-la-montre des Championnats du monde qui se déroulera quelques jours plus tard à Montréal. 

Le test ultime

Tout converge vers le dernier bloc de montagne.


Les 19e et 20e étapes cumulent plus de 9 000 mètres de dénivelé positif, formant le terrain d'affrontement décisif pour le classement général. La 19e étape s'achève au sommet de Peñas Blancas avant le dénouement de la course lors de l'étape reine et les pentes redoutables du Collado del Alguacil.


La montée finale compte 8,3 kilomètres à une pente moyenne de 10 %, ce qui en fait sans doute l'ascension la plus difficile de toute l'épreuve.


Collado del Alguacil | Étape 20 

Temps estimé : 25-26 minutes

VAM estimée : 1 950-2 050 Vm/h 


C'est également l'étape où le choix du matériel devient particulièrement déterminant.


Avec quatre ascensions majeures affichant entre 8 % et 10 % de moyenne, les vitesses de montée chutent et le gain de poids devient primordial. De toutes les étapes de la course, c'est celle où l'on a le plus de chances de voir UAE Team Emirates-XRG opter pour les ENVE SES 2.3, taillées pour la montagne. 

Tadej peut-il remporter un autre Grand Tour ?

Si chaque étape de la Vuelta était disputée individuellement, Pogačar figurerait parmi les favoris quasiment tous les jours de course. Le véritable défi consiste à gérer son effort sur trois semaines éprouvantes tout en gardant un œil sur les Championnats du monde et le Tour de Lombardie qui suivent peu après. La Vuelta n'offre que peu de répit. Il n'y a qu'une seule véritable étape pour sprinteurs, les arrivées au sommet sont légion et la chaleur de la fin d'été peut être impitoyable.


Pourtant, peu de coureurs dans l'histoire ont affiché une telle faculté de récupération et de performance sur l'ensemble d'une saison que Pogačar. Ses succès sur les Strade Bianche, le Giro d'Italia, le Tour de France, les Championnats du monde et le Tour de Lombardie au cours de l'année 2024 restent l'une des campagnes les plus remarquables jamais vues dans ce sport.


Désormais, sept ans après sa dernière apparition sur La Vuelta, il revient plus frais que jamais avec une nouvelle opportunité d'écrire l'histoire. Et si le contre-la-montre inaugural à Monaco donne le ton, cette quête pourrait débuter à seulement quelques pas de chez lui.