Plus c'est gros, mieux c'est en gravier - Alexey Vermeulen

Les courses de gravel ont connu une transformation de leur équipement cette année, notamment en ce qui concerne la taille des pneus utilisés par les meilleurs coureurs. Si le même phénomène se produit en course sur route, les raisons sont légèrement différentes. Sur route, les pneus de 28 mm sont la norme, et dans certains cas, jusqu'à 30 mm, comme ce fut le cas pour Tadej Pogacar lors du Tour de France cette année. La réduction de la résistance au roulement et une meilleure maniabilité sont deux des principales raisons de l'augmentation constante de la largeur des pneus sur route. En gravel, l'année dernière, nous sommes passés de pneus de 40 à 42 mm, configuration de course relativement standard, à des pneus de 45 mm et plus sur des courses comme UNBOUND et SBT GRVL. Pourquoi les pneus gravel gagnent-ils autant en popularité chez les professionnels ? Nous avons interrogé Alexey Vermeulen sur cette tendance et ses raisons.

Qu'est-ce qui motive la tendance des pneus gravel, autrefois considérés comme des tailles « aventure », à être désormais en tête des plus grands événements gravel ?

Les vitesses continuent d'augmenter en tête des courses sur gravier et la profondeur des pneus est plus importante que jamais, ce qui rend quasiment impossible un problème mécanique tout en impactant la course. On voit donc de plus en plus de coureurs chausser des pneus plus gros pour mieux prévenir les risques de crevaison (surtout sur les courses où les zones techniques sont interdites). Je pense aussi qu'à mesure que les pneus VTT deviennent plus rapides, ils offrent une résistance au roulement similaire à celle des pneus gravel sur les parcours majoritairement en gravier.

Les tailles de pneus vont-elles continuer à augmenter, ou s'agit-il d'une situation où elles ont été poussées à la limite, et où nous nous installerons quelque part entre les deux ?

Je pense que les tailles de pneus approchent de leur limite et que nous verrons de nombreuses nouvelles options, de 45 mm à 2,2 pouces. Il est important de garder à l'esprit que la taille des pneus dépend fortement du parcours. La vitesse anticipée et les conditions de parcours sont des facteurs déterminants. Dans un groupe de coureurs roulant à plus de 30 km/h, on heurte souvent des pierres sans les voir. La force de l'impact, lorsque l'on porte tout son poids sur la selle, est très différente de celle d'une personne qui anticipe le choc et se lève de la selle. On constate beaucoup plus de crevaisons en groupe que sur le même parcours, seul ou à vitesse réduite.

De nombreux vélos gravel actuellement sur le marché sont limités en termes de dégagement des pneus. Dans quelle mesure cela est-il un facteur important lors du choix de la configuration de course idéale ?

Pouvoir rouler avec pratiquement toutes les tailles de pneus est incroyable. La capacité du MOG à monter des pneus jusqu'à 50 mm me permet d'emporter n'importe quelle configuration pneus/roues et de décider de la configuration la plus adaptée au parcours après une séance de roulage. Je trouve très intéressant que certains vélos soient encore lancés avec un dégagement maximal de 45 mm, car cela deviendrait rapidement un facteur limitant.

Alors que les vitesses continuent d'augmenter dans les courses de gravier, quels sont les éléments que vous recherchez pour vous donner un avantage ?

La résistance au roulement des pneus et les avantages aérodynamiques, quels qu'ils soient, continueront de progresser. Je m'attends à ce que des solutions pour maintenir la pression des pneus en toutes circonstances soient mises en place, et à ce que les plages de vitesses continuent de s'élargir, compte tenu du dynamisme constant des circuits. On retrouve les mêmes technologies vestimentaires et de casque que sur route, avec les combinaisons et les casques aérodynamiques.

Est-ce que l’une de ces choses peut profiter au cycliste de gravier de tous les jours qui ne vise pas nécessairement le podium ?

Je pense que oui, évidemment dans une moindre mesure car beaucoup de coureurs ne roulent pas à la même vitesse, mais tout ce qui crée un vélo plus performant avec un plus grand dégagement des pneus et des solutions créatives telles que le stockage dans le cadre améliore le plaisir des coureurs à tous les niveaux.

Vous avez terminé 3e du SBT GRVL avec une vitesse moyenne de 34,5 km/h sur un parcours de 200 km et 3 500 m de dénivelé positif. Ce sont des vitesses quasi-sportives. Pouvez-vous détailler votre configuration ?

ENVE MOG, pédalier double Dura-Ace (cassette 52/34 - 11/34) associé à une boîte GRX 12 vitesses. J'ai monté un Kenda Rush de 2,2 pouces à l'avant avec une pression de 26 psi et un pneu Kenda Prototype de 50 mm à l'arrière avec une pression de 28 psi (similaire à un Pathfinder). Le tout était monté sur des roues ENVE SES 3.4.

La dernière manche du Grand Prix Life Time se déroule sur le Big Sugar, un parcours réputé pour ses cailloux. Quel serait, selon vous, le parcours idéal ?

Après avoir crevé ces deux dernières années, j'envisage de transformer le MOG en un monster truck en le montant avec des pneus de 2,2 pouces sur des jantes ENVE G23. En cas de risque de pluie, je réduirais légèrement la taille des pneus, car les 2,2 pouces ne permettent pas de franchir la boue ou les débris. Pour la transmission, j'opterais pour une transmission mono-essieu de 52 dents ou 50 dents x 10-51 pour bénéficier de toute la plage de débattement nécessaire dans les montées raides et les passages rapides.