Sea to Sky | La montée la plus difficile du monde
Monter 4 267 mètres de dénivelé positif en une seule sortie est un exploit monumental quel que soit le critère. Le faire sur une seule ascension est une tout autre affaire. Ajoutez des pourcentages à deux chiffres ainsi qu'une section de cinq kilomètres en dirt, et tout à coup le Mauna Kea, à Hawaï, devient l'une des montées les plus difficiles de la planète.
Les détails de la montée
Du rivage océanique de Waikoloa, sur la côte est de l'île, jusqu'au sommet aride à 4 207 mètres d'altitude, les 88 kilomètres qui les séparent affichent en moyenne une pente relativement douce de 5 %, mais cela ne rend pas vraiment justice à la difficulté globale du parcours. Pour les 24 derniers kilomètres, la route se raidit jusqu'à une moyenne de 9 %, dont cinq kilomètres en dirt, ce qui complique considérablement le choix du matériel car la composition de la route est faite de cendres et de sable offrant peu d'adhérence pour des pentes à 17 %. De retour sur le bitume, les cinq derniers kilomètres et demi ne laissent aucune place à la récupération, jusqu'à ce que l'on passe devant le dernier observatoire où la route se termine dans le paysage lunaire du sommet.
Six d'entre nous se sont lancé le défi d'escalader la montée ultime et de voir si nous pouvions la cocher sur notre liste de défis à accomplir. Nous étions tous parfaitement conscients de l'ampleur de la montée, mais il subsistait encore un certain nombre d'inconnues, comme la façon dont notre corps réagirait à l'altitude, la gestion d'une variation de température de 28 degrés, et la façon dont les choix de matériel allaient se révéler. L'altitude seule représenterait un énorme facteur limitant, étant donné que les deux dernières heures de la sortie se dérouleraient au-dessus de 3 000 mètres d'altitude, où la puissance développée serait réduite de jusqu'à 30 %.
Nos configurations
Bien que chacun d'entre nous ait opté pour une configuration matérielle légèrement différente, les deux points sur lesquels nous étions quasiment tous d'accord étaient la nécessité d'avoir des rapports faciles et des pneus larges. Ne sachant pas dans quel état serait la section en dirt, nous avons préféré jouer la sécurité après avoir entendu des récits de coureurs ayant dû marcher une grande partie de la section, aussi des vélos de gravel équipés de nos roues G23 et de pneus dont la largeur variait de 32c à 40c étaient le choix incontournable. Compte tenu du fait que la jante du G23 est en réalité la jante la plus légère que nous produisions, constituant un train de roues tubeless à tringles de 1 305 grammes, c'était une option idéale pour bien d'autres raisons que ses seuls mérites sur le dirt. En ce qui concerne la transmission, chacun d'entre nous a modifié sa configuration standard, certains passant d'une cassette 11-28 à une 11-36 avec leur plateau compact double (50/34), tandis que ceux roulant en 1x sont descendus jusqu'à un plateau de 34 avec une cassette 11-40 à l'arrière.
Le résultat
Nous sommes fiers de dire que nous avons tous les six atteint le sommet… certains plus facilement que d'autres. Même si nous avons roulé les 65 premiers kilomètres de la montée ensemble, les 24 derniers kilomètres nous ont considérablement départagés, le premier de notre groupe atteignant le sommet en environ six heures, tandis que le dernier coureur était plus proche de la barre des sept heures. Qu'avons-nous appris ? Tout d'abord, grâce aux conditions pluvieuses, l'adhérence sur le dirt était meilleure que prévu, ce qui a rendu même les pneus de 32c plus que suffisants. Bien sûr, sans cette pluie, des conditions plus friables auraient pu complètement changer la donne. En ce qui concerne la transmission, pas un seul d'entre nous n'a réussi à atteindre le sommet sans avoir dû marcher une ou deux sections du dirt, car se mettre en danseuse était exclu, aussi je vous assure qu'il n'y aurait eu aucune plainte à propos d'un rapport plus petit pour certaines des pentes les plus raides.
Le Mauna Kea est-il la montée la plus difficile du monde ? Selon les membres de notre groupe ayant gravi d'autres montées colossales, comme le col de Wuling mis à l'honneur dans le Taiwan KOM Challenge (4 050 mètres de dénivelé positif en moins de 80 kilomètres) et le Haleakalā de Maui (3 000 mètres de dénivelé positif en 56 kilomètres), le consensus était que le Mauna Kea est dans une catégorie à part.